The Division – Test PC

Fin février, on vous parlait de la beta de The Division. Après avoir testé la beta fermée, puis la beta ouverte, on était sceptiques mais très intrigués. Après des heures de jeu en coopération et pas mal d’heures a éditer son article sur Wikipédia, voici notre petit ressenti sur la version finale.

Okogami Aymeric
L’avis d’Aymeric

Hiver Noir

The Division est Inspiré de l’opération Hiver Noir, la simulation d’une attaque bioterroriste sur le territoire américain, et de la Directive 51, une directive présidentielle en cas de catastrophe majeure. Autant le dire tout de suite, question mise en situation et scénario, j’ai directement accroché.

The Division Artwork

Une attaque bioterroriste provoque donc la chute des States (et surtout, de New York) lors du Black Friday, vous savez, cette journée post-thanksgiving où les américains et les canadiens profitent de soldes monstres dans toutes les boutiques. L’attaque est littéralement propagée par l’argent – les billets d’argent, toute une symbolique – et provoque la chute des États-Unis en une semaine. Scénario violent, malin, crédible. Deux semaines plus tard, ce nouveau virus foudroyant qui se transmet de billet en billet, de main en main – dérivé de la variole, du Zika, d’Ebola et j’en passe -, a déjà tué la majeure partie des habitants de la ville, maintenant en proie chaos. Des milliers de morts jonchent les rues, des zones de quarantaines sont mises en place, d’autres sont contaminées, les institutions sont fermées, et les militaires peinent à reprendre la ville, qui ne semble être administré que par quelques soldats éparpillés, la Joint Task Force, et par des milliers de personnes qui ont décidé de tout péter et de profiter de la situation.

The Divsion Artwork

Vous, vous incarnez un agent de la Division, institution dormante censée intervenir uniquement sous la loi martiale. Constituée d’agents tactiques et entrainés, ces derniers viennent rétablir l’ordre et surtout, comprendre qui sont les coupables, et comment stopper ce virus.

Après, ne vous attendez pas à un jeu scénarisé façon The Witcher – on en est loin, très loin. Peu de cinématiques, votre personnage ne parle pas, pas de choix dans les dialogues, etc. Mais l’idée de base est top.

L’OST,  très présente pendant les missions principales, est composée par Ola Strandh. Elle est bien réalisée, un peu façon Inception. Je vous la met juste ici, au cas où.

Une véritable surprise, sous tout les plans

Pour Ju comme pour moi, The Division est une énorme surprise de la part d’Ubisoft. Ubisoft Massive, les développeurs suédois du jeu, ont fait un boulot clairement remarquable et sur de nombreux points.

Snowdrop ne fait pas dans la dentelle

Passons par la partie graphique, celle qui marque le plus. La ville de New-York est magnifique. Présenté en 2013, le moteur graphique, au joli nom de Snowdrop, a été spécialement conçu pour le jeu. Selon Nvidia, il met en avant plusieurs effets visuels (effets de lumière, gestion de la fumée, changements climatiques) ou encore les répercussions sur les décors. Et croyez-moi, même si le jeu a été downgradé par rapport à sa présentation à l’E3, il est incroyablement beau. Ce qui m’a marqué, c’est le souci du détail, qui n’est pas une habitude d’Ubisoft… allez, soyons honnêtes une minute : Assassin’s Creed Unity est peut-être le seul qui ressort question peaufinage, et encore, ça se discute. Mais là, c’est du sérieux. Autant quelques appartements sont copiés-collés, autant j’ai rarement l’impression d’avoir des déjà-vu sur les textures, intérieurs, objets, etc. C’est beau, c’est travaillé, et question réalisme, c’est du tout bon. Je ne parle même pas du « ressenti » que vous avez en errant dans la ville : se retrouver face au mur de la Dark Zone me fout des frissons à chaque fois et c’est bien la première fois que j’ai eu une sensation de perspective réussie dans un jeu vidéo en levant mes yeux vers le pont de Brooklyn. C’est impressionnant, sans parler des conditions climatiques qui changent, ou encore l’extraordinaire luminosité dans les rues.

Ok, un Reshade (« mod » graphique) est appliqué ici, mais plus besoin de mots pour démontrer à quel point c’est beau :

Il va sans dire que les paramètres de configuration graphique sur PC sont nombreux, et vous savez à quel point j’apprécie ça. Sans parler de la stabilité globale : portage ou pas, le jeu tourne admirablement bien. Toujours pareil : du 60 FPS sur une GTX 980, avec quasiment tout en Ultra.

Bright Zone, Dark Zone

Le jeu se divise en deux parties : une zone « normale » et la Dark Zone.

La première concerne l’Ouest, l’Est et le Sud de Manhattan et se joue en PvE (player vs IA) uniquement. C’est là où vous jouez les missions principales et secondaires, seul ou à plusieurs, mais en équipe uniquement, pas les uns contre les autres. La Dark Zone, c’est l’épicentre de la propagation du Virus, le centre de Manhattan – sous Central Park – vers l’Empire State Building (qui n’est d’ailleurs pas représenté dans le jeu, faute de copyright). Cette zone est à la fois en PvE mais aussi en PvP (player vs player). C’est une zone dangereuse, mais elle mérite un paragraphe à elle seule, dispo un peu plus bas.

The Division Dark Zone Artwork

Un bureau de poste au centre du gameplay

L’idée sans spoil, c’est de rebâtir un poste de commandement (ancien bureau de poste) à l’ouest de Manhattan. Et pour cela, il va falloir développer trois ailes : la sécurité, les technologies et le médical, essentielles pour reprendre la ville et établir un véritable « centre de survie ».

Ces trois ailes sont la clé du gameplay de The Division. Un brin de math :

  • Chaque aile possède 10 améliorations (par exemple, une zone de décontamination pour l’aile médicale).
  • Une mission principale réussie vous octroie 500 points, une secondaire, 60
  • Pour débloquer un compartiment au sein de chaque aile, il faut compter 200 / 400 / 500 voir 1000 points, en fonction de la récompense.

Chaque « amélioration » d’aile vous donnera plusieurs choses : de nouvelles compétences, de nouveaux talents, de nouveaux bonus, en fonction des points. C’est là que la partie RPG du titre devient intéressante. Comme vous le savez sûrement, c’est un peu Pokémon façon hardcore : The Division EST un RPG. Vous augmentez de niveau, vous évoluez, vous gagnez des attaques, vous améliorez votre équipement, etc.

  • Vous pouvez avoir 3 compétences actives (2 classiques, 1 unique).  Elles s’utilisent temporairement. déployer un abri temporaire, balancer une mine téléguidée, soigner vos potes de loin, déployer un bouclier personnel, etc. Pour l’unique, je ne vous dis pas, je considère ça comme du spoil.
  • Un talent (4 maximum) permet de booster une partie de vos stats en permanence : soigner un ami vous remplira votre jauge de santé, par exemple.
  • Un bonus permet des petites améliorations permanentes : porter 1 grenade ou 1 kit de soin en plus, augmenter de 1 le niveau de votre filtre dans les zones contaminées, etc.

Chaque amélioration d’aile apporte, bien évidemment, des changements visuels au sein du centre de commandement, qui s’améliorera de plus en plus. Un vrai déchet au début, c’est agréable de voir des citoyens s’y installer, des campements, des casernes, des armureries se mettre en place, etc. Ah, ce ne sera pas que visuel d’ailleurs, mais ça, je ne veux pas non plus vous le spoiler.

Côté équipement, c’est très complet. Après, on aime ou on aime pas : c’est un jeu centré sur le loot, le « butin », et je ne m’attarderais pas trop sur ce point. Il faut aimer vouloir chercher, sans arrêt, du nouvel équipement, un sac, un masque, une armure de meilleur niveau, en permanence, façon Diablo ou Destiny. Perso, je raffole pas mal des jeux comme ça – ça tient en haleine. Votre personnage évoluera en fonction de trois points : DPS (dégâts par seconde, en gros, votre puissance de tir), Santé, Compétence. Vous pourrez installer des mods sur certains équipements pour booster un des trois points, selon comment vous voulez être en jeu. Un bourrin, un mec avec beaucoup de santé, ou faire de vos compétences (mine, abri, etc) votre atout, en gros.

L’apparence de votre personnage est elle aussi customisable, vous trouverez des pantalons, des écharpes, des vestes, des pompes, tout au long de l’aventure, histoire de vous la péter dans la Dark Zone. Et question collectionite, ne vous en faites pas, des tonnes d’objets sont à récupérer partout sur la carte, comme des conversations téléphoniques de gens disparus, ou encore des « ECHOS », une méthode qui vous permet de re-créer, en temps réel et à des endroits précis, une scène du passé. Futuriste et classe.

Redémarrage du système. Backup activé. Avertissement : vous entrez dans la Dark Zone.

La « DZ », Dark Zone, mérite un paragraphe à elle seule : c’est la partie la plus excitante du jeu. Marre des missions, du calme des rues d’un New York dépeuplé, des ennemis IA à répétition ? Voilà la solution.

Dark Zone Artwork The Division

La DZ est une véritable expérience sociale. Le principe est simple : on entre dans un sas de décontamination au sein des énormes murs qui séparent la DZ des autres quartiers. En passant la porte, sans chargement, vous y êtes, et le jeu vous prévient que, et bien, ça va chier.

Ici, pas de pitié. Vous y croiserez d’autres joueurs en ligne, mais aussi des ennemis communs. Le loot y est bien plus intéressant que dans les autres quartiers, et c’est là tout le problème. L’idée, c’est d’en récupérer un maximum en tuant des ennemis ou en fouillant les quartiers. Mais ce butin est contaminé, évidemment, vu que toute la zone l’est. Une fois votre sac blindé de loot contaminé, il va falloir aller sur des zones d’extraction, petits endroits où vous pourrez appeler un hélicoptère, qui se chargera de le récupérer. Sauf que tout les joueurs présents dans la Dark Zone sont au courant que vous souhaitez extraire vos biens. Tous, et la plupart d’entre-eux n’auront pas forcément envie d’extraire. Vous devenez ainsi une véritable cible digne d’intérêt, et le temps que l’hélicoptère arrive, n’importe qui peut décider de vous descendre et de vous voler.

The Division Wallpaper

En tuant un joueur, vous devenez renégat, et tout le monde vous voit sur la carte. Tout le monde cherchera à vous descendre, car tuer un renégat rapporte énormément d’expérience et d’argent. Mourir en renégat, par contre, est pénalisant, et vous fera perdre beaucoup d’expérience, beaucoup d’argent. C’est un risque à prendre. Le jeu devient ainsi une véritable expérience sociale, faire confiance ou pas, aider ou pas, etc. C’est simple mais franchement innovant : la plupart des gens y voient un PvP classique, où j’y vois personnellement une idée de génie. Sans parler du fait que le matchmaking est extrêmement bien fait, on rejoint / invite des gens en quelques secondes, et on se retrouve rapidement avec une escouade de 4.

En résumé

The Division est un titre purement addictif, notamment grâce à son côté coopératif intelligent et innovant. Ici, peu d’intérêt à jouer seul, le jeu prend toute son ampleur en équipe, que ce soit côté missions ou côté Dark Zone. Même chose pour le système de loot et le côté RPG qui fonctionne, tout simplement. Certaines choses sont à revoir, comme le côté répétitif des missions secondaires, ou des rues parfois un peu « vides » de vie (en même temps, c’est pas un peu le but ?) ou le fait que finalement, peu d’appartements/buildings soient ouverts. Ok, l’avancée dans l’histoire n’est pas incroyablement bien scénarisée, j’aurais aimé un peu plus d’implication de notre personnage, par exemple. Mais l’idée de base fait le job, et errer dans les rues d’un New York dévasté, c’est étrangement plaisant. Je vous conseille aussi fortement de ramasser les Intels, comme des téléphones par terre, qui vous en apprendront plus sur le contexte de la propagation du virus ou de qui est la Division. Façon MGSV avec les cassettes, au final, ces petits objets à récolter sur la carte arrondissent l’histoire et donnent de la visibilité, à défaut du manque de cinématique et d’émotion dans l’avancée du scénario. On regrette aussi un peu la création du personnage, trop limitée, que ce soit Homme ou Femme. Par exemple, donner des lunettes à votre personnage est définitif… alors que ce devrait être un simple équipement d’apparence, changeable à volonté, comme une veste.

On verra dans la longueur, avec le Season Pass annoncé, si Massive tient le coup et arrive à tenir sa base de joueurs. J’attend personnellement plus d’activités dans la Dark Zone, une possible ouverture du PvP dans la zone classique, et puis toujours plus d’équipements. Pourquoi pas, aussi, la mise en place de « challenges » entre joueurs ? Dans tout les cas, et après 50h+, on est conquis et ravis que la coopération soit remise à l’ordre du jour. Merci à Massive et Ubisoft pour cette très bonne surprise, d’ailleurs, on y retourne.

The Division Test PC

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