No Man’s Sky – Test PC

En 2015, No Man’s Sky remportait le prix du « Most Anticipated Game » pour 2016 attribué par le Fan’s Choice Award, à Los Angeles. Et bien, préparez-vous à un atterrissage forcé. Trois ans après le début de son développement, le Graal de la science-fi et du jeu indépendant est enfin sorti, et quelle déception.

Pour les non-initiés, No Man’s Sky est un devait être un Sandbox concocté par Hello Games et distribué par Sony. Il est sorti mi-août de cette année 2016, et apporte une nouvelle « innovation » : un univers créé de façon procédurale, soit des planètes qui se façonnent de manière aléatoire en fonction de l’avancement du joueur et par des algorithmes prédéfinis.

Objectif Lune

Comme le test que vous allez lire, le jeu débute sans détours : vous vous retrouvez seul sur une planète, armé d’un pistolet-laser et de votre vaisseau, écrasé. Le but, tout le monde le connaissait avant la sortie, atteindre le centre de la galaxie. J’aurais fortement apprécié pouvoir en rester là, et dire que c’est mystérieux, beau, intriguant, fort de café, mais non, je vais devoir être clair et concis dès le premier paragraphe : No Man’s Sky est plus ennuyant que faire la queue au supermarché, plus chiant que la salle d’attente du dentiste.

Big Fat Lie

Le Pourquoi du Comment

Sans parler de l’optimisation PC risible (720p upscalés en 1080p, clipping, chutes d’IPS, menus optimisés pour la PS4, redémarrages obligatoires pour appliquer n’importe quel paramètre graphique, textures baveuses, bref, j’en passe), No Man’s Sky est la définition même de l’ennui, et avant de m’endormir sur mon clavier, je vais essayer de vous expliquer pourquoi, en passant par une la définition du Larousse :

Ennui : Sentiment de fatigue, de découragement provoqué par l’inaction ou le manque total d’intérêt de quelqu’un ou quelque chose. Ennui mortel, sans nom; air d’ennui; baîller d’ennui. Tout ici respire un ennui mortel! (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 522).

Dans No Man’s Sky, il va falloir miner. Miner, c’est à dire récupérer des ressources avec votre pistolet-laser-récolteur, comme du Carbone, du Fer, de Thamium9, afin d’améliorer vos équipements. Pour les améliorer, il va falloir trouver des plans, que vous pourrez récupérer un peu partout dans le jeu. Soyons clairs : vous passerez la plupart de votre temps à récupérer les mêmes ressources, en permanence. Pourquoi ? Il n’y en a qu’une dizaine, tout au plus. Et les mêmes plans, en permanence, pour la même raison. No Man’s Sky, en terme de gameplay, s’arrête ici. Vous n’aurez littéralement que ça à faire. Récupérer des ressources pour améliorer vos équipements. Sauf que dans Minecraft, par exemple, l’intérêt de miner, c’est de pouvoir crafter, afin de pouvoir fabriquer vos plus folles créations. Ici, aucune construction n’est possible. Exit toutes les promesses du développeur en terme de gameplay. Ce dernier est fade, sans intérêt.

En parlant de promesses, parlons design : ce n’est pas moche, c’est plutôt mignon, coloré, mais absolument pas ce qui avait été promis. C’est fantaisiste et donc, ça peut plaire, mais c’est beaucoup trop fade. Tout comme le gameplay, on sent que les développeurs ont tout fait pour rendre le jeu jouable correctement sur PS4 sans trop de ralentissements. Même chose pour l’interface (le HUD), qui a complètement changé, en mal. Bref.

No Man's Sky False Advertising
Avant…
No Man's Sky After
… et après

Rien d’autre ?

Si, évidemment, No Man’s Sky consiste à sauter de planète en planète et de système solaire en système solaire jusqu’à atteindre le centre de la galaxie. L’entrée sur votre toute première planète est un émerveillement en soi, mais de courte durée lorsque vous vous rendrez compte que la génération procédurale n’est sincèrement… pas au point. Toutes les planètes se ressemblent, vides de vie. Les couleurs changent, la faune et la flore changent, mais on en reste ici. Les textures sont baveuses, et ne rêvez pas d’apercevoir des montagnes, des lacs, des forêts ou des civilisations : rien de tout ça n’existe, contrairement à ce qui a été montré dans les trailers.

No Man's Sky Before
Et non, vous ne verrez jamais ça.

Vous trouverez les mêmes bâtiments, encore et encore, tous les 500 mètres. Adieu le sentiment d’exploration intergalactique : sur chaque planète, les mêmes bâtiments, encore et toujours. Dans ces petits buildings, trois races d’aliens possibles peuvent y faire leur apparition. Enfin, que dis-je, un seul NPC à la fois, qui vous balancera une énigme à deux francs : y répondre par la bonne réponse ne vous apportera qu’une pièce d’équipement supplémentaire. Aucun intérêt, aucun mystère. Quelques animaux, très moches (eux aussi créés de façon procédurale) errent sans but, un peu comme le joueur, tristement, comme s’ils s’en voulaient que vous ayez payé ce prix pour No Man’s Sky. Ils attendent les reviews dévastatrices du jeu sur Steam, ils font la gueule, quoi…

Vous l’aurez compris, de cette ambiance morose ne découle aucune sensation de danger. A part les deux trois machins sans vie, vous ne trouverez sur les planètes que des « Sentinelles », des petits robots chiants qui n’auront d’intérêt dans leur existence que de chercher à vous tuer quand ils l’auront décidé. Je ne parlerais même pas du système de combat, considérez-le comme inexistant.

Non vraiment, rien d’autre

En réalité, je n’ai déjà plus la force d’écrire sur No Man’s Sky. L’émerveillement n’est que de courte durée, et l’espoir de trouver « une planète sympa » s’arrête au bout de la dixième, vu qu’il n’y a que ça à faire, au final. Sachez simplement que si les développeurs n’avaient pas menti au sujet du jeu, ce test n’aurait pas été aussi salé. Tout les trailers, photos et vidéos présentées du jeu n’ont strictement rien à voir avec le contenu actuel, sachez-le. Pire : la page Steam montre les vidéos et photos du jeu datant de 2014 ! Répétitif, extrêmement mal optimisé sur PC, une fin risible à la limite de la moquerie… Le multi-joueur promis par les développeurs n’est, quand à lui, tout simplement pas implémenté, comme les batailles spatiales, les factions, les énormes buildings, les interactions avec la flore, et j’en passe. C’est probablement la plus grosse déception de l’année, voir de la décennie. Vendu une dizaine d’euros en Early Access sur Steam aurait été logique, louable – mais vendre 60 euros une expérimentation très proche de la bêta fait mal passer la pilule pour la plupart des joueurs. A éviter.

No Man’s Sky – Test PC
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