Metal Gear Solid V : The Phantom Pain – Notre avis PC

MGS5 : The Phantom Pain, édité par Konami (R.I.P) et développé par Kojima Productions ne m’a franchement pas laissé sans voix et j’ai envie d’en parler, un peu.

J’ai mis quelques heures, quelques bonnes heures à comprendre MGS5 (MGSV, pardon). J’étais un énorme fan du premier, du deuxième (surtout du deuxième) et du troisième opus. Quand je jouais à MGS, je regardais un film d’action et d’espionnage SF, rempli de conspirations en tout genre, bardé de surprises et de personnages atypiques. Du coup… j’ai été légèrement déçu sur le scénario du V. Je n’ai pas envie de tout spoiler ici mais j’ai quand même envie d’en parler, donc je vais me contenter de rester vague et en même temps précis, ce qui ne va pas être simple. Et si vous vous demandez ce que ça donne côté stabilité et performances sur PC, c’est presque parfait, et plutôt joli malgré des décors assez pauvres. Le spectre des configurations minimum et recommandées sont plutôt larges, merci Kojima (et Nvidia pour ma part).

Okogami Aymeric
L’avis d’Aymeric

Où est passé Snake ?

C’est vraiment la question que je me suis posé pendant les 60 heures de jeu que j’ai passé sur The Phantom Pain. Je l’ai maintenant presque terminé, et ce juste après avoir fait The Witcher 3. C’est peut-être le problème… L’énorme charisme de Geralt a placé la barre tellement haut que j’étais très triste de retomber sur un Snake… muet. La fameuse radio des anciens MGS a disparue et selon moi, c’était primordial en terme de compréhension de l’histoire et de construction des personnages.

C’était le but de Kojima : créer un MGS en monde ouvert, où le joueur peut se mettre dans la peau de Snake, et où personne n’aurait la même vision du jeu. Surprenant dans l’idée, j’ai néanmoins trouvé le concept assez louche et pas très efficace dans la pratique. Un pari osé pour une franchise au scénario habituellement approfondi. Un peu vide, sans fond, sans charisme et sans humour, je me suis retrouvé face à un Big Boss bourré de stéroïdes et accro à l’hélico. Ce qui est cool aussi, parce qu’en étant aussi stoïque et silencieux, il en impose, mais son absence de prise de parole m’a manqué : dans l’idée, ça pourrait fonctionner – ne pas faire parler le personnage central permet au joueur de mieux s’imaginer à sa place – mais on parle de Snake, pas de Link. Pour moi et malgré son job un peu bourrin, ce personnage a toujours été cynique et profond, et sur cet opus, on joue sans vraiment savoir ce qu’il pense, sans développement autour de qui il est, ce qu’il fait et POURQUOI IL LE FAIT. Et ça, ça ne m’a personnellement pas permis de me mettre à fond dans l’histoire, de même que la manière dont l’histoire est contée, qui ne m’a pas forcément enthousiasmé non plus (j’en parle plus bas).

Et non je ne vais pas parler de Quiet parce que ça va encore m’énerver.

You’re gonna extract HIM?

Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu les mêmes phrases dans ce jeu mais j’en rêve encore la nuit.

Pour aller droit au but et je change de sujet parce que j’ai décidé que ce titre n’allait rien à voir avec le texte, j’ai adoré le système de gestion de la base. Un conseil : accrochez-vous, prenez le temps de comprendre comment ça marche. Tout a l’air hyper compliqué comme ça : gestion des ressources, du personnel et de leur qualifications, les défenses, les attaques, etc, mais c’est accrocheur une fois qu’on a compris le système : de manière très basique, si vous avez besoin de débloquer une arme ou un équipement, regardez de quoi vous avez besoin ou ce qu’il vous manque (ressource, plans de fabrication d’un équipement…). Et c’est là que ça devient extrêmement fun : avoir besoin de tant de ressource ou d’un plan particulier nécessite de se préparer et d’aller sur le terrain pour les récupérer. Et donc, de s’équiper pour faire notre petite course en fonction de ce que vous avez prévu (est-ce que j’y vais en tank ou à vélo, est-ce que j’y vais avec mon chien ou mon cheval, est-ce que je prends un lance-missiles ou un tazer,…). Vous avez donc envie de développer cet équipement – mais il vous faut obligatoirement un certain niveau dans un domaine de compétence de votre base pour le débloquer (Recherche et Développement, par exemple). Il va donc falloir récupérer sur place du personnel qualifié. Cela devient vite addictif : on veut quelque chose, pour ça il nous faut x matériels, on part sur le terrain, on embauche des ennemis doués dans le domaine qu’il faut, on fulton tout (comprenez : récupérer tout ce qui passe en l’accrochant à un ballon qui l’envoie direct à la base, pratique), jusqu’au moment où on débloque notre équipement tant désiré. Franchement, l’addition de tout ça rend légèrement accro, un peu comme un Tamagotchi mais avec des flingues. Sans parler du moral des troupes qu’il faut garder positif (comprenez aller à Mother Base et leur flanquer des roustes, OUI c’est louche, mais en même temps on parle d’un mec qui envoie des tanks de 60 tonnes dans les airs avec un ballon et qui se cache dans des boîtes en carton en pleine zone de guerre). Et faire tout ça, c’est mieux s’équiper et à fortiori faire les missions différemment. J’ai adoré, mais je sais que Juliette a trouvé ça naze, trop long, trop répétitif. Je sais que ça ne fait pas l’unanimité.

MGS5 : un scénario étrange

Je n’ai absolument rien à regretter du gameplay, que j’ai trouvé extrêmement intéressant : Parfois instantané, parfois réfléchi, des centaines de possibilités… S’il faut quelques bonnes heures avant de vraiment comprendre l’immensité offerte en terme de marge de manœuvre, les choix d’MGS5 sont tout simplement dantesques, et au bout d’un certain moment, je me suis sincèrement éclaté à faire les missions. Tout dépend de l’humeur, en fait. Soit on a envie de tout faire péter, soit on a envie d’être un véritable fantôme – et c’est dans ces moments qu’on sait qu’on joue à un Metal Gear. En ce sens, je ne regrette rien, j’ai adoré. Bon, ok, c’est vrai qu’entre l’Afrique et l’Afghanistan et les 250.000 allers-retours, plus la répétition sans fin des missions, c’est lassant à la longue, mais il y a moyen de s’amuser à le faire différemment, et ça c’est bien.

Par contre, j’ai pas tout suivi… J’ai compris les grandes lignes mais trouvé l’histoire de MGS5 déconstruite et trop éparpillée. Certaines missions ne s’enclenchent qu’en faisant certaines choses, et du coup, je me suis retrouvé plusieurs fois comme une chèvre à ne pas savoir quoi faire, à écouter toutes les cassettes, à revenir 50 fois à la Mother Base, à fulton des dizaines de zèbres et d’écureuils, à refaire 600 fois les sides ops, dans l’espoir de déclencher un truc. Je ne suis pas certain de l’intérêt d’avoir déconstruit le jeu comme ça, déjà morcelé par épisodes comme une série, mais en plus d’avoir fait le choix de ne proposer des missions qu’à certains moments et pas à « la suite ».

De plus, le développement de la narration se base sur l’écoute de cassettes – mais on est souvent occupés à soit gérer notre supermarché à la base, soit à se planquer dans une boîte en plein désert autour d’une armée ennemie. Du coup, on n’écoute qu’à moitié, vu qu’il faut lire les sous-titres et qu’il y a beaucoup de textes. Sinon, il faut écouter tout ça pendant qu’on fait des pâtes, mais l’envie de jouer prend le dessus, et on arrête d’écouter, parce que c’est super long. Après, tout dépend de l’intérêt que vous y portez et de votre patience, personnellement je l’ai rapidement perdue. Bref, en additionnant tout ça, j’ai pas réussi à suivre l’histoire et à tout comprendre, ce qui m’a rendu un peu tristou, parcequ’au fond, ça a l’air intéressant. La preuve en est avec certaines cinématiques que j’ai trouvé très travaillées et accrocheuses (un peu moins pour les scènes avec Quiet, même si cette vidéo me plie en deux). Enfin. Au final, c’est sûrement un manque d’attention de ma part, à vous d’en juger.

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain – Notre avis PC
3 (60%) 4 votes