Far Cry Primal – Test PC

C’est reparti pour un nouveau Far Cry, une des enièmes licences annuelles d’Ubisoft. Développé par leur vaisseau-mère à Montréal, et successeur du 4ème opus, j’ai rapidement fais le tour de ce Far Cry Primal, et j’ai à vous dire.

L’optimisation sur PC est maintenant OK, quelques ralentissements inattendus sur certaines scènes mais rien de gênant : il tourne plutôt correctement, entre 57 et 60 FPS et en Ultra, sur notre GTX 980.

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Okogami Aymeric
L’avis d’Aymeric

Dans la vallée d’Oros

Le contexte sans spoilers : au début du Mésolithique, 10.000 ans avant notre ère, vous incarnez Takkar, un guerrier qui part chasser le mammouth avec ses potes dans les fourrés. Pas de bol, vos frères et sœurs se font déchiqueter par un « dent-de-sabre » qui avait lui aussi une petite dalle, et vous finissez seul dans la brousse avec pour seule arme une sagaie, tout désorienté. Avant de décéder, un collègue vous implore d’aller chercher d’autres membres de votre tribu afin de repartir à zéro. En effet, l’intro, plutôt bien ficelée, nous explique que les Wenjas (votre peuple) sont traqués par d’autres tribus depuis quelques années et sont devenus une espèce en voie de disparition. Mais comme dans tout les Far Cry, vous êtes un héros bien poilu, seul et pas content, qui va venir rétablir la paix et l’ordre à l’aide de machine-guns. Enfin, pas vraiment. Cette fois, ce sera avec des sagaies et des massues. Voilà pour le contexte sans spoilers.

La mécanique Far Cry

Je vais aller droit au but concernant ce Far Cry et notamment son Gameplay : c’est tout simplement exactement la même chose que le 3 et le 4. On le ressent dès les premières secondes de jeu : les animations sont les mêmes, l’indicateur de repérage (quand un ennemi vous voit) est le même et fonctionne de la même façon, la carte est la même que le celle du 4 (on en a assez parlé comme ça). Même la mini-map possède le même design que sur les anciens opus. Une des seules subtilités, on peut maintenant recruter des animaux pour venir combattre à nos côtés, et c’est une très bonne plus-value. Néanmoins, au bout de quelques heures de jeu, on a déjà recruté 40% des animaux possibles (il n’y en a pas beaucoup) dont certains quasiment au maximum en terme de force ou de discrétion. Challenge limité, donc. C’est la même chose pour l’arbre de compétences : l’idée sera de farfouiller à travers la carte du jeu et de recruter des hommes et femmes qui vous débloqueront des techniques et compétences particulières. Une fois bien installés au chaud dans votre village, ils vous proposeront des missions à faire et débloqueront des compétences que vous pourrez activer avec de l’XP dûment gagnée en avançant dans le jeu. Léger soucis : après 3/4 heures de jeu, j’avais déjà 80% des compétences actives. C’est rapide, beaucoup trop rapide.

Okogami - Far Cry Primal Wolf

Pour ce qui est du reste, c’est du Far Cry tout craché : récupérer un maximum de loot (bois, pierre, roches, roseaux etc) pour pimper les maisons de vos potes Wenjas et activer de nouvelles missions, attaquer des postes où sont positionnées les tribus ennemies pour déverrouiller le voyage rapide et pouvoir avancer sur la carte, etc. Cette fois pas de tours à escalader mais on reste quand même sur le même fonctionnement que les précédents opus. C’est mitigé : addictif de gérer ses attaques d’avant-postes comme on le souhaite, mais répétitif, surtout après deux jeux qui fonctionnaient de la même manière.

Des pains au raisin à la place des mains

Puisque j’étais en train de discuter gameplay, j’avais aussi besoin de parler d’une chose que je n’ai pas forcément lue ou entendue depuis la sortie de Far Cry Primal : le corps-à-corps et la mécanique de combat. On a sincèrement le sentiment d’avoir des pains au raisins à la place des mains : le ressenti de frappe est faiblard, les ennemis s’écroulent en deux-trois coups et ce, couplé à une animation répétitive. A mon sens, tout devait être axé sur ce ressenti de violence dans la frappe, dans le gameplay au corps-à-corps – The Last Of Us le faisait admirablement bien. J’aurais aimé qu’on sente que ça rigolait pas vraiment à l’époque, et que se prendre une massue de 15 kilos avec des pics acérés fait mal. Tuer les ennemis à distance avec l’arc ou la sagaie reste néanmoins extrêmement jouissif.

Le compagnon animal (qu’il soit loup, tigre à dent de sabre…) est d’une trop grande commodité en début de partie : même le moins violent d’entre-eux peut démolir un avant-poste ennemi en quelques minutes sans que vous n’ayez rien à ajouter. Néanmoins, plus on avance, plus le jeu se corse, et au bout d’un certain temps, vous serez obligé d’aller l’aider, et pas l’inverse. La gestion de l’animal reste basique, elle aussi. A part le fait de pouvoir les caresser (j’adore ça), cela n’aidera pas en terme de gameplay. Il n’y a pas de gestion approfondie de la relation que vous pouvez entretenir avec lui, comme lui apprendre de nouvelles tactiques, etc. Une fois apprivoisé en balançant un bout de bidoche devant lui, c’est votre pote pour la vie, et même s’il meurt, il suffit de récolter trois-quatres brindilles pour le faire revivre et ré-apparaître instantanément. Parti-pris de ne pas se prendre la tête avec ça donc, mais ça jure un peu en terme de difficulté.

Okogami - Far Cry Primal Test Pc

Une ambiance mitigée

Il y a toujours quelque chose à faire ou à voir dans la région fictive d’Oros : on croise des centaines d’animaux, des tribus ennemies, des lacs, des grottes, des montagnes… La vie est dense – pas moins de 50 espèces ont été reconstituées – et c’est un excellent point. Cependant, hormis quelques exceptions et malgré l’impact de cette langue fictive qui sonne juste, les personnages principaux manquent de charisme et de personnalité. J’ai néanmoins toujours apprécié la touche Far Cry en terme de cinématiques et d’atmosphère, situé entre mysticisme, réalisme et sauvagerie…

Le Cry Engine commence furieusement à dater mais cela n’empêche pas le jeu d’être agréable à regarder, d’autant plus que quelques petits arrangements sont les bienvenus (rayons de lune à travers les arbres, brume, certaines teintes en fonction de l’heure…). Même si le jeu est purement magnifique, il suffit de rejouer à Far Cry 3 pour se rendre compte à quel point la franchise n’a été que très légèrement pimpée graphiquement en quelques années. C’est décevant de la part d’un triple AAA mais surtout de la part d’une franchise qui nous éblouissait visuellement à ses débuts, tout comme Crysis, qui est d’ailleurs toujours assez bluffant graphiquement malgré le fait qu’il soit sorti… en 2007.

Je suis en général assez difficile pour tout ce qui est ambiance sonore / OST, et je dois admettre que c’est un excellent point pour Primal. Hurlements lointains, bruits de pas, cris d’animaux, souffle du vent dans les arbres, on s’y croirait. D’autant plus qu’il y a eu un vrai travail sur la langue – fabriquée de toute pièce – et je trouve qu’elle rend particulièrement bien. Après, c’est sous-titres pour tout le monde, mais heureusement, ils sont assez gros et faciles à lire.

Bref, avec The Division (le test en cours, et c’est étonnamment prometteur !), on sent qu’Ubisoft a lourdement lâché du lest en concoctant Far Cry Primal. Pas (plus) de co-op, une durée de vie courte (15h), une mécanique similaire aux autres opus, des graphismes un brin dépassés, Far Cry n’est, à mon avis, plus un jeu référent comme ont pu être les trois précédents opus. Il s’apparente plus à un gros DLC de Far Cry 4 (ce qui aurait été intelligent, vu qu’ils ont pris la même map) – qu’à un jeu complet. Quelques ajouts sont sympathiques, l’ambiance et l’atmosphère sont au poil, c’est vivant… mais cette répétition dans le gameplay et dans la mécanique du jeu m’a laissé de marbre. Ou plutôt de pierre.

Okogami , Test Far Cry Primal PC
Résumé de : Far Cry Primal (PC) – Inspiration : MinuteGaming

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